Des clous et des hommes

extrait de "A VENIR"  -  n° 5  -  décembre 1996

(journal interne de la DDE 74 )

LIEU DE TRAVAIL, LIEU DE VIE

DES CLOUS ET DES HOMMES

Un atelier particulier

 A force de voir des tas de "vieilleries" au fond des ateliers, certains, plus curieux que d’autres, vont y regarder de plus près et fouillent et trouvent "des choses" .

C’est ce qui est arrivé à Michel MAZZELLA, chef d’équipe au Centre d’Exlpoitation d’Alby-sur-Chéran.

"Au départ, ces choses on les jetait, c’étaient des saletés." raconte-t-il. Mais lui a trouvé là un trésor : l’histoire, le passé d’un métier.

Il a donc commencé à mettre de côté, puis à dépoussiérer, frotter, décaper.

Ses premières trouvailles : trois panneaux d’émail quadrillé, datant d’avant-guerre, auxquels il a ajouté des billes réfléchissantes dites "œil de chat" qui manquaient, et qu’il a trouvé ailleurs, dans un autre tas (les tas ne manquent pas).

Et puis d’autres panneaux, des lanternes à pétrole, certaines dans leur emballage d’origine, des casques et lunettes grillagées du temps où les cantonniers concassaient les pierres, des pieds de biche, cric à batteuse (daté de 1936), cônes de chantioer, etc…

Un inventaire extraordinaire.

Ce chercheur particulier a un flair de détective : il ouvre des portes oubliées, plonge les mains dans de vieilles caisses ddélaissées, fouille les débris et en retire les pièces précieuses.

Au départ, ça ne ressemble souvent à rien. Il faut deviner sous la crasse, la rouille ou le goudron, l’objet et son usage.

Toutes sortes de clous (passage piétons) sont ainsi sortis de leur oubli et brillent à présent, astiqués, de tous leurs feux . Il en manque, et pour l’instant, Michel MAZZELLA aimerait bien ajouter à cette collection le clou des clous : celui de la Ville d’Annecy avec son ecusson.

Le nombre d’objets augmentant, il a fallu leur trouver un toit. C’est donc le Centre d’Alby-sur-Chéran qui les abrite. Et si ça n’est pas encore un musée, ça pourrait le devenir, avec le temps.

Il suffirait que l’on signale à Michel MAZZELLA telle ou telle chose susceptible d’intêret, telle ou telle archive qui raconterait enfin l’histoire d’objets encore plus muets.

Avis donc à la population.

A Alby, les collègues de Michel MAZZELLA pensent que ça serait une bien bonne idée.

"Il faut voir avec quoi ils travaillaient" disent-ils, et l’un d’eux rajoute : "ça situe dans le temps, on voit l’évolution, ça raconte une histoire".

N’est-ce pas l’essentiel ?

 Pascale MASSOULIER

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